Récit n°1 – Vers le métier de consultante en gestion de carrière

En vous partageant des récits de transition professionnelle, l’objectif est de vous inspirer.

Pour ce premier récit, j’ai choisi de vous partager le mien.

Au commencement, ingénierie et management de projet

Même si je me suis posée peu de questions, je ne suis pas devenue ingénieure « par défaut ». J’ai eu la chance d’intégrer l’école des ingénieurs de la ville de Paris (EIVP). La discipline enseignée, le génie urbain (conception, réalisation, exploitation des villes) m’a vraiment plu. J’ai complété ce diplôme par un mastère spécialisé en management de grands projets. Ce dernier, codirigé par ISAE- SUPAERO et HEC Paris, formait aux rudiments du management de projet, tout en développant la connaissance du fonctionnement des organisations, indispensable pour conduire efficacement un projet. C’est cet aspect-là qui m’a donné envie de suivre cette dernière année d’études.

En quête d’un métier socialement utile

A l’issue de ces formations, j’ai rejoint la maîtrise d’ouvrage publique du Ministère de la Justice. Je voulais que mon travail contribue à servir l’intérêt général. Pendant 11 ans, j’ai travaillé en tant que cheffe de projet, puis adjointe à la directrice, au sein de la direction qui élabore les programmes immobiliers génériques. Ces programmes guident les équipes de conception dans la réalisation des palais de justice et des centres pénitentiaires.

Cette expérience a nourri ma compréhension de l’humain. J’ai été immergée dans un univers singulier. Cela m’a donné à voir des pans de la Société qui m’étaient inconnus. Des tranches de vie très éloignées de la mienne.

Intéressée, impliquée mais pas à ma place

J’exerçais un métier qui, dans mon échelle de valeurs, avait du sens et de l’utilité. Pourtant, je ne me sentais pas toujours à ma place. Alors, petit pas par petit pas, je suis allée à sa recherche. J’ai suivi des ateliers de carrière proposés par HEC Alumni. Les RH / l’accompagnement de carrière ont été identifiés assez tôt comme des pistes. J’en ai aussi identifié et exploré d’autres, tournées vers l’aide/le service à l’autre (ex : hôtellerie). De fil en aiguille, j’ai décidé de retenir celle des RH. En effet, je ne pouvais plus nier le fait que j’y revenais sans cesse. L’adhésion de mes proches à ce projet a aussi contribué à cette prise de décision. Pour la concrétiser, j’ai décidé de suivre un mastère spécialisé en management des RH à l’ESSEC Business School. J’ai repris ces études sur mon temps personnel (temps partiel, congés).

Une ultime phase de questionnement

Au démarrage du mastère, j’avais deux spécialités en tête : la conduite des transformations organisationnelles et la gestion de carrière. Au cours du mastère, j’ai découvert une autre discipline : l’analytique RH. Elle a éveillé en moi la voie/voix de la « suite logique », à savoir ingénieur + RH = analytique RH.
Pour valider ce mastère, je devais réaliser une thèse professionnelle. Il s’avère que quelques mois après la fin de celui-ci, j’ai accueilli mon enfant. Son arrivée a suspendu sa réalisation, et donc la validation du mastère.
Quand je suis retournée au travail, j’ai senti l’urgence de reprendre tout cela. Cependant, j’étais « bloquée » (et clairement fatiguée:)). J’avais une appétence réelle pour la gestion de carrière. Et en même temps, l’analytique RH était peut-être la voie la plus simple pour me permettre d’intégrer la fonction RH. Ou en tout cas, l’option qui atténuait mon syndrome de l’imposteur.
J’ai donc décidé de ne pas rester seule face à cela, et de faire un bilan de compétences.

Un bilan de compétences plus tard !

J’ai eu la chance de me faire accompagner par la bonne personne. D’une part, elle m’a redonné l’énergie nécessaire pour passer ma thèse professionnelle. Elle m’a notamment aidée à trouver du temps, que je pensais pourtant ne pas avoir. D’autre part, elle m’a fait prendre conscience des obstacles à franchir :

  • Assumer que j’aimais réellement la gestion de carrière. C’était ce vers quoi j’avais envie d’aller. Par ailleurs, comprendre que j’étais réellement légitime pour accompagner les autres.
  • Accepter d’évoluer vers un métier pas aussi valorisé socialement qu’il ne le devrait. Je vous tairai le nombre de fois où l’on m’a dit « ce serait dommage, avec les études que tu as faites, que tu fasses ce métier ». En corollaire, il s’agissait également de « renoncer », à certains égards, à la carrière que j’aurais pu poursuivre en tant qu’ingénieure (et notamment en analytique RH).
  • Enfin, accepter une moindre rémunération alors que j’ai un rapport à la sécurité financière bien ancré.

Et chemin faisant, ponctué d’autres évènements (un déménagement en province qui m’a aidé à « quitter » mon faux confort professionnel, une nouvelle formation), je suis aujourd’hui ingénieure ET consultante en gestion de carrière !

Ce que j’ai appris


Se reconvertir, est-ce une obligation ?

Pour se sentir plus épanoui, se reconvertir n’est en aucun cas une obligation. Il n’est pas nécessaire de partir élever des chèvres, de devenir entrepreneur ou coach 🙂

Confiance en soi, le préalable à tout

Le cas échéant, recouvrer sa confiance en soi est un préalable à toute évolution professionnelle. Cela requiert de dépasser ses croyances limitantes.

Scoop, il existe non pas UNE place, mais plusieurs

Il existe en réalité « plusieurs places », car nous avons de multiples compétences et expériences. Nous cherchons donc « la prochaine place », équilibre entre nos contraintes, nos aspirations et nos ressources.

Peut-être que la prochaine place sera une place intermédiaire et temporaire

La prochaine place peut être une place temporaire. Choisie en connaissance de cause, car elle répond à l’équilibre recherché. Elle peut, par exemple, permettre de développer des compétences utiles pour atteindre l’objectif final.

Une transition professionnelle peut prendre du temps

Plus une évolution professionnelle impacte son identité professionnelle (comme une reconversion par exemple), plus le changement prend du temps. Et c’est normal.

Avoir un cap pour être en mouvement

Enfin, il est plus facile d’être dans l’action quand nous avons un cap, quitte à le réajuster au fur et à mesure (d’où le nom de ce site !)  

Last Updated on 18 avril 2022 by Daphnée DI PIRRO